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Immobile et agité
29 avril 2014

J'ai passé mon temps à dessiner des petits

J'ai passé mon temps à dessiner des petits bonhommes, maintenant je veux enfin dire des choses qui ont un rapport avec la vie. Sauf que je n'ai jamais vécu car j'ai passé mon temps à dessiner des petits bonhommes.

Ce que l'internet apporte enfin à l'art, c'est cet arrêt de la posture "allez, maintenant je vais faire une oeuvre qui va entrer dans un grand truc officiel labellisé du nom de livre ou disque ou film". Ça nous débarrasse d'un souci qui n'avait rien à voir avec lui, on peut se concentrer sur l'intention initiale. Sauf que souvent on reproduit ce qu'on a vu dans les livres ou disques ou films.

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25 avril 2014

Trop extrême ? Non, trop dans le juste milieu !

Trop extrême ? Non, trop dans le juste milieu ! Je ne connais ni la vraie sensualité ni la vraie réflexion. Ce sont vers ces deux pôles que je dois tendre pour me retrouver.

24 avril 2014

Résumé de l'épisode précédent (cliquer) Je l'ai

sumé de l'épisode précédent (cliquer)

 

Je l'ai dit, écouter de la musique est pour moi un acte créatif à part entière. Celui-ci n'étant pas reconnu socialement, il fallait bien que je le meuble avec autre chose. Pendant que j'écoutais mes disques dans lesquels je plongeais (c'est pour cela que j'emploie si souvent "plonger" ; il n'y a que là-dedans que je plonge), je m'occupais la main en faisant des gribouillis cerclés de mots ou bien des mots cerclés de gribouillis (pourquoi devoir toujours "s'occuper", comme si rien ne se suffisait à soi-même ? c'est ça le véritable scandale, la vraie déchéance). À partir de là j'ai extrapolé en pensant que c'était ce que j'aimais faire. Je me suis cru graphiste, je me suis vu artiste. Je n'avais pas conscience que ce n'était qu'un pis-aller pour justifier mes états de conscience purement mélodiques et donc improductifs.

À partir de là c'est pour ça que je fais des rêves comme celui de cette nuit : un auteur de mes connaissances écrit sur moi une sorte de biographie récapitulative où il est dit que je suis "gourd" (cela se dit-il pour autre chose qu'un doigt ?), que mes éclats étaient sûrement involontaires et par là-même étonnants, que je suis une curiosité. Je suis partagé entre le sentiment d'être flatté et celui de me sentir une bête de foire.

Il n'y a que quand j'écris que je trouve le rythme de mon silence. Les fois où je crois avoir besoin de la musique, elle me court-circuite, me fait accélérer comme quand je traçais des traits (rare de trouver des musiques, même lentes, même expérimentales, même tout ce qu'on veut, qui n'aillent pas plus vite qu'elles-mêmes).

Ce qui pourrait me faire trouver l'écriture aussi superflue que le dessin, c'est de me dire que tout est déjà dans ma tête et que donc à quoi bon répéter. Sauf que bien entendu, le langage n'est pas la pensée et l'on ne répète rien (oui, il n'y a pas d'âge pour découvrir l'eau chaude). C'est pour ça que même quand on veut "exprimer", "faire passer", "témoigner", c'est encore le langage qui est au centre (oui, toujours de l'eau chaude ; ou un œuf dur, comme vous voulez ; oui, je n'ai pas oublié que je m'adresse à vous et que c'est ça aussi qui change la donne).

 

22 avril 2014

Il faut dire que mourir jeune est une évidence,

Il faut dire que mourir jeune est une évidence, j'ai grandi dans ça. Je crois que c'est la pensée qui relie tous les jeunes orphelins et demi-orphelins. Pas forcément par dégoût de la vie, non, rien de si emphatique la plupart du temps, il s'agit plutôt d'un perpétuel dégoût de l'emphase : mourir jeune c'est juste la pure et simple normalité. Le corps se construit difficilement avec ça. Pour ne rien arranger, mon chanteur préféré écrivait des choses comme ça :

Je vais pas faire un mélodrame / Mais ce sont des rides, messieurs-dames / Alors il s'détériore / Le rose caoutchouc fort qui colle notre corps / C'est ton âge, faut pas qu'tu pleures / Mon pauvre Toto, trente ans, rien qu'du malheur / Trente ans, l'âge mûr où l'on s'aperçoit qu'on peut pas compter sur l'élasticité du tissu, c'est sûr

Bébé rose est tout content / T'as grimpé sur le toboggan / Maintenant qu'tu ris moins fort / Tu vas dégouliner sans faire d'effort 

Avec ça comme premier refuge poétique, on a du mal à se projeter loin.

 

Depuis toujours, besoin d'entendre que c'est mon corps qui ne va pas. Que c'est lui qui est à la traîne. Un jour, vers neuf ou dix ans, j'ai des courbatures tellement fortes dans les mollets que poser le pied m'est extrêmement douloureux. Je me déplace dans la maison sur la chaise de bureau à roulettes. J'avais dû faire un gros effort les jours précédents, peut-être un effort qu'un enfant moins inhibé corporellement aurait moins ressenti, ou peut-être un vrai grand effort qui devait bel et bien occasionner ce genre de douleurs, bref qu'importe, je ne le saurai jamais car la doctoresse à domicile n'a rien voulu savoir et ne m'a parlé que de ma mère morte. Tout était forcément relié à ça. Les mollets c'est forcément la tête, pardi ! Après cela, je ne pouvais que persévérer dans le dualisme, tellement l'inverse me paraissait insultant. En me rappelant sans cesse que mon psychisme n'était pas totalement normal, on niait l'anormalité de mon corps que je ressentais pourtant bien plus fortement. Le problème n'était pas tant qu'il ne fallait pas la nier, car le fait est que mon corps avait presque toutes les possibilités pour devenir normal, mais tout mettre sur le dos de ma tête ne passait pas. Je ne pouvais pas y croire et n'y crois encore pas aujourd'hui.

 

Encore aujourd'hui, j'ai l'impression que je dois passer par une preuve de la relative normalité de mon corps, ou en tout cas de la dimension rattrapable de son anormalité, pour que je puisse croire en le progrès de ma tête. C'est dans ce sens-là que ça doit se faire.

 

17 avril 2014

Retour du mot "vie" C'est quand même bizarre que

Retour du mot "vie"

C'est quand même bizarre que les écrivains réalistes ne veulent surtout pas s'éloigner de la vie alors que c'est exactement ce qu'ils font dans leurs gros pavés où l'on suit des gens et des décors. La vie ce serait donc des gens et des décors ? Mais qui peut croire ça à part le cinéma (et comparer une littérature à du cinéma n'est jamais un compliment) ? Hop, je me pose dans un lit ou dans une salle avec mes gens et mes décors et j'oublie la vie et je suis content.

Certes, "chacun sa vie" (c'est en tout cas ce que veut nous faire croire le réalisme, mais prenons ça pour argent comptant, pour le besoin de la démonstration), revenons donc à une échelle subjective (qui, je l'espère, est plus que partagée) : la vie, ma vie, je la vis comme un mélange de sensations et de circuits intellectuels ; par conséquent, ce sont la poésie et la philosophie qui me semblent être les plus vivantes. Ce sont elles qui ne me font jamais m'éloigner de mes recherches essentielles. Qui plus est, elles fonctionnent souvent par petites touches, elles ne pourront donc jamais t'anesthésier. (Oui, "t'anesthésier", c'est un conseil, mec.)

Et le genre journal, alors ? N'est-ce pas celui que je suis en train de pratiquer ? Oui, mais vous remarquerez que je m'efforce de l'éloigner le plus possible du réalisme, car c'est aussi une attente personnelle d'observateur extérieur. Je redeviendrai lecteur d'autobiographie quand je n'aurai plus l'impression de lire des gens qui racontent des événements ou des pensées. Je m'en fiche des "gens", des "expériences", JE VEUX DES FLUX DE LANGAGES ET DE CONCEPTS, c'est ça qui m'éclaire intimement !

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16 avril 2014

Quand on a la peur au ventre pour tout, faut-il

Quand on a la peur au ventre pour tout, faut-il "ne pas s'en faire toute une histoire" afin de grandir, ou au contraire est-ce encore une preuve de puérilité ? Ne doit-on pas plutôt "s'en faire, MAIS rester droit dans ses bottes" ? Accepter que "oui, c'est comme ça, rien n'est simple" mais que ça fait pas forcément peur ? C'est pour ça que les timides deviennent des têtes brûlées, c'est parce qu'ils restent dans le même schéma de simplicité : l'enfermement sur soi-même devient nez sur le guidon de vélo qui dévale la pente à toute allure ; sauf que même regarder le guidon c'est s'enfermer. Ce sont les coups d'oeil au paysage qui font la différence.

Ce genre de métaphores ne peuvent être que permanentes dans ma glose dualiste. Celle-ci est faite non pas de contradictions (tout est au contraire beaucoup trop logique car beaucoup trop absurde) mais de paradoxes. Par exemple, on pourrait penser comme ça, spontanément, que ce sont les obsessions mentales sur lesquelles je bute qui empêchent une vie sociale et corporelle normale. Or, pas du tout : c'est l'inadaptation que je ressens dans mon corps traînant dont je suis la victime souffreteuse qui empêche toute concentration intellectuelle prolongée, nuance ! Voilà pourquoi je vais jusqu'à penser que c'est en essayant malgré tout de remplir mon cerveau que je pourrai reprendre prise sur mon corps. 

Reprendre prise ou lâcher prise ? Est-ce la même chose ? Laisser tranquille mes pensées agitées, est-ce s'en débarrasser ou les encourager ? M'extirper de mes tensions, est-ce être plus léger ou bien irresponsable ? En écrivant ça je sens poindre l'évocation de ma peur : encore un texte qui fait une boucle.

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