Quand par hasard 1) je commence à avoir l'impression de me sentir bien et 2) je suis seul, le 1) ne parvient jamais à advenir et je pense avoir découvert pourquoi. Je vais essayer de traduire ça grossièrement :

Tiens, c'est bizarre, je ressens comme un vide... Ah ben oui, je sais ce que c'est : mon corps ne me fait pas souffrir, contrairement à presque toutes les minutes depuis le début de ma vie. Du coup ça va pas, il y a quelque chose qui manque, il faut que j'aille chercher un élément de gêne sinon je ne suis plus dans mon élément, du coup hop, c'est ma tête qui s'en va trouver des insatisfactions, des caprices, des névroses que je gonfle, des peurs infondées ; je me mets à accorder une importance extrême à la moindre petite mélodie, en pensant qu'il n'y a qu'elle seule qui puisse m'extraire de mes douleurs tant physiques que mentales.

Quand les gens sont là, c'est beaucoup plus simple. Je cesse de râcler mes fonds de tiroirs. Encore faut-il que je n'aie mal nulle part, donc.

C'est pourquoi je n'aime pas vraiment la solitude, même pour créer : elle ne me sert qu'à me rappeler que même quand je ne souffre pas je cherche à souffrir pour meubler.